asexualité

  • Asexualité. Comprendre l'orientation invisible par Julie Sondra Decker

    Titre : Asexualité. Comprendre l'orientation invisible
    Autrice : Julie Sondra Decker
    Éditeur : Améthyste 2021
    Pages : 403

    Bien que les orientations sexuelles soient connues depuis des années il semble que ce ne soit que récemment qu'elles sont, en occident, un peu plus acceptées et commencent à être considérée à égalité avec l'hétérosexualité (qui reste prégnant dans notre société patriarcale). L'asexualité fait partie de ces orientations connues depuis longtemps, mais restée dans les ombres jusqu'à la mise en place de communautés sur internet. Ce livre est écrit par une activiste étasunienne de la communauté. Il vise à donner les informations importantes aux personnes concernées, qu'elles soient ou non asexuelles.

    Le livre est divisé en 6 parties. La dernière permet à l'autrice d'offrir des ressources, la maison d'édition a ajouté 3 sources francophones, la première permet de conceptualiser le terme. L'asexualité, selon l'autrice, est l'absence d'attirance sexuelle pour autrui, une définition que je considère trop restrictive. Elle a récemment été modifiée aux États-Unis. Cette orientation sexuelle toucherait, selon des recherches, environ 1% de la population, à voir si ces chiffres sont validés à l'avenir.

    La seconde et troisième partie permettent à l'autrice d'expliquer les expériences des personnes asexuelles mais aussi les mythes qui existent autours de l'orientation. Je lis ces deux parties car elles sont assez proches. L'autrice utilise, parfois, les mêmes exemples. Dans ces deux parties, elle essaie de nous montrer la complexité de l'asexualité pour les personnes qui la vive. Ainsi, il n'est pas obligatoire d'être hétérosexuel pour être asexuel, on peut aussi être gay ou lesbienne (pour ne prendre que deux exemples). L'asexualité n'est pas un problème physique ou psychologique, malgré ce que pensent certaines psychiatres ou sexologues.

    Les parties quatre et cinq se destinent aux personnes asexuelles et aux proches de personnes concernées. L'autrice, là aussi, explique le terme et essaie de montrer comment entrer dans la communauté. Et, pour les proches, comment soutenir. L'autrice prend le temps de poser la question des relations romantiques, le mariage par exemple. Elle met en avant la nécessité du dialogue et des compromis pour tous les membres de la relation romantique.

    Ce livre de 400 pages est à la fois complet et une introduction. Beaucoup de thèmes ne sont que survolés et nécessitent des réflexions plus importantes. A de nombreuses reprises, l'autrice répète certains points. Selon moi, l'autrice souhaite que son livre soit un manuel que l'on ouvre selon les besoins. Il est donc nécessaire de répéter certains points pour éviter de perdre quelqu'un qui souhaite lire une question précise. L'autrice ajoute, dans son livre, un grand nombre de citations qui permettent de supporter son propos. Elle ajoute aussi quelques statistiques qui permettent d'illustrer certains points. En résumé, ce livre n'est pas parfait et il y a beaucoup de questions qu'il serait nécessaire de développer. Mais c'est un livre d'introduction qui devrait permettre d'ouvrir l'intérêt et d'éviter des incompréhensions.

    Image : Éditeur

  • No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour par Peggy Sastre

    Titre : No sex. Avoir envie de ne pas faire l'amour008570-352x500.jpg
    Auteure : Peggy Sastre
    Éditeur : La Musardine 2010
    Pages : 139

    Le sexe est partout. Que ce soit à la télévision, sur les ordinateurs, au cinéma ou dans la vie intime. Le sexe est censé être une composante universelle de l'humanité libérée lors de la révolution sexuelle qui a eu lieu durant les années 70. Mais, ces dernières années, une nouvelle orientation commence à parler de la possibilité d'absence de désir sexuel. Ce sont les asexuels regroupés dans les communautés virtuelles formées par l'AVEN et l'AVA en France. Peu de choses ont été écrites et encore moins comprises sur cette orientation. Je l'ai moi-même découverte récemment lors de la journée de l'asexualité. J'ai donc décidé de m'informer et, pour cela, j'ai décidé de lire ce petit livre de Peggy Sastre.

    L'auteure décide d'y examiner l'asexualité selon le présupposé de sa normalité. Mais qu'elle est cette orientation? Selon l'auteure elle est caractérisée par l'absence de ressenti d'attirance sexuelle et/ou un intérêt faible si ce n'est inexistant pour le sexe au sens large. C'est sur la construction de cette définition qu'elle construit son premier chapitre ce qui lui permet d'y regrouper un certain nombre d'expériences individuelles. Cela lui permet aussi de supprimer les thèses qui considèrent l'asexualité comme le résultat d'un traumatisme passé ou d'un éveil à la sexualité mis en délai. Elle examine aussi ce que n'est pas l'asexualité. En particulier cette orientation n'est pas un choix fait selon des conceptions religieuses ou politiques  au contraire de la chasteté. L'asexualité n'est donc pas un retour de la pudibonderie mais l'apparition publique de personnes invisibles dans une société qui considère l'absence de sexualité comme étrange voir pathologique. C'est d'ailleurs ce problème de la phonologisation de l'absence d'activité sexuelle que l'auteure analyse dans l'un de ses chapitres pour le relier, ensuite, aux critiques qui ont été faites de ces conceptions dans les recherches les plus récentes. Son dernier chapitre lui permet aussi de critiquer des auteur-e-s qui ont écrit sur l'asexualité en se trompant dans leur conceptualisation ou/et en dépeignant les asexuels comme des personnes malades voir dangereuses qu'il ne faudrait surtout rendre visibles. C'est, en particulier, la thèse de Jacques Wainberg.

    Au final nous avons un petit livre à moitié convaincant. Bien que l'auteure ait fait un effort important pour donner au grand public des informations parfois très obscures cachées dans des statistiques difficiles à interpréter elle n'arrive pas toujours à me convaincre dans son traitement. En fait, je trouve que la question aurait pu être traitée de manière bien plus importante. J'ai aussi un peu de mal avec certaines de ses tournures de phrases. Cependant, ce livre a le mérite de poser sur la place publique des faits qui permettent de mieux comprendre à quel point le genre humain peut se développer dans différentes directions. Ainsi, loin d'être une maladie ou un danger l'asexualité est, à mon avis, une orientation normale qui mériterait d'être acceptée dans la société comme toutes les autres formes d'amour et de sexualité.

    Image: Éditeur