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  • La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne par Biancamaria Fontana

    Titre : La République Helvétique. Laboratoire de la Suisse moderne
    Autrice : Biancamaria Fontana
    Éditeur : Presses polytechniques et universitaires romandes 3 novembre 2020
    Pages : 160

    La République Helvétique est souvent décrite ainsi : c'est une période méconnue de l'histoire du pays et c'est le régime le plus détesté de l'histoire de la Suisse. En dehors de ces deux proclamations peu de personnes ont réellement des connaissances concernant cette courte période de ce qui deviendra, ensuite, un pays reconnu et modelé par les grandes puissances européennes. Pourtant, cette courte période est riche aussi bien en événements qu'en idées qui sont ensuite réutilisée pour la construction de l'état Suisse. Biancamaria Fontana, dans ce petit livre, tente de mettre en avant la richesse des débats de l'époque autours des différentes questions posées par la République Helvétique.

    Le premier et le dernier chapitres font offices d'introductions et de conclusions à l'ouvrage. Le second chapitre pose la question du lien entre la France, sous le régime du Directoire, et les demandes d'aides de la part de milieux prorévolutionnaire en Suisse. Ce chapitre permet d'expliquer les raisons derrière la construction d'un état uni, du moins sur le papier, et donc la destruction des états cantonaux ancestraux. Cette union permet de détruire les anciennes aristocraties mais, sans le vouloir, cela permet aussi de concrétiser l'existence de la Suisse en tant qu'état en Europe.

    Les chapitres 3 et 4 s'intéressent aux débats internes au pays. Tout d'abord, se pose la question de la nouvelle constitution. Celle-ci garde l'idée de démocratie mais imite les institutions françaises. Ce qui implique une séparation des pouvoirs qui n'existait pas auparavant. Ensuite, se pose la question du fonctionnement du fédéralisme dans un monde moderne. Plusieurs auteur.e.s sont ici mobilisé.e.s par Biancamaria Fontana. Ce qui lui permet de mettre en avant une certaine contemporanéité des questions soulevées, par exemple le lien entre les dirigeants politiques et la population.

    Le chapitres 5 et 6 me semblent s'intéresser aux relations avec le reste du monde et la France en particulier. En effet, la République Helvétique est souvent intégrée aux républiques sœurs mises en place lors des guerres du Directoire aussi bien comme moyen d'étendre les idées révolutionnaires que comme moyen de défense externes. Ces républiques sœurs ont eu une courte histoire, subissant soit la reprise de contrôle de la part de monarchie soit l'intégration au sein de la France tout en ayant vécu des spoliations militaires par l'armée française. Le destin de la Suisse est différent puisque, comme l'explique le chapitre 6, Napoléon convoque des suisses afin de créer un nouveau régime, plus stable et qui durera jusqu'au congrès de Vienne en 1815, sous le nom de Médiation. Même si une partie de ce qui est la République Helvétique est abandonné cet acte de Médiation consolide d'autres points, en faisant des acquis.

    Ce livre est très synthétique et s'intéresse peu aux événements ou aux questions sociales. L'autrice analyse les différentes œuvres philosophiques et politiques tout en les insérant dans un contexte précis. Par son analyse elle permet de comprendre de quelle manière des idées permettent de remodeler le pays ou sont confrontées à la réalité et donc amendées. Selon moi, nous avons ici un bon livre qui permet à tout un chacun de mieux comprendre cette courte période de notre histoire, période pourtant si liée à la constitution de 1848.

    Image : Éditeur