harper voyager

  • Noumenon Ultra par Marina J. Losteter

    Titre : Noumenon Ultra
    Autrice : Marina J. Losteter
    Éditeur : Harper Voyager 18 août 2020
    Pages : 576

    Ma lecture du premier tome de cette trilogie fut une magnifique surprise. J'appréciais tout autant le second tome. L'autrice a enfin publié le troisième et dernier tome de la trilogie. Celui-ci se déroule peu de temps après la fin du second tome. Les homos sapiens restant dans l'univers se sont divisés un deux groupes. Un groupe reste avec les homos draconem près de la mégastructure du nom de pyramide. Le second groupe va rencontrer le leader de la religion révélée et débuter un voyage en direction de la planète Noumenon, construite par la première mégastructure que l'humanité ait terminée. Grâce à ces voyages l'humanité pourrait enfin commencer à comprendre le but réel de ces mégastructures ainsi que leur origine.

    SPOILERS

    Les deux premiers volumes me restent en souvenirs car ils montrent la beauté de l'univers et surtout de l'humanité. Nous suivions deux convois créés en direction de la découverte pure, lointaine et sans possibilité d'être immédiatement utile du point de vue économique dans un contexte de paix mondiale. Enfin, l'humanité pouvait se lancer en direction des étoiles. Ce dernier volume reste proche de cette idée mais de manière différente. L'autrice nous offre un appel à l'amour de la recherche pour la simple compréhension de l'univers que celle-ci permet. La majorité des personnages sont des scientifiques qui aiment observer, comprendre et construire même si cela prend des années voire des siècles. La religion décrite par Losteter depuis deux romans est en plein dans cette idée. Ses adeptes considèrent que les connaissances existent déjà mais doivent être révélées par l'observation et la méditation. Vous souhaitez un livre qui vous fasse aimer la science ? Cette trilogie est un bon choix.

    Le roman essaie aussi de répondre aux questions principales de la série. En particulier la raison derrière les mégastructures. Enfin, l'autrice nous donne les réponses et les relie au fonctionnement de ses personnages. En effet, Marina J. Losteter fait très attention d'écrire des personnages aux races, genres et sexualités diverses (un effort que l'on observe aussi dans la description des formes de vies aliens). Ces personnages essaient de vivre ensemble dans une société commune malgré les difficultés de communications et de compréhensions. Ce thème est mis en avant dans des chapitres qui semblent anecdotiques alors qu'ils fonctionnement dans le cadre d'une idée plus large. Lorsque le fonctionnement des mégastructures est révélé cet effort en direction d'une compréhension mutuelle doit se développer vers de nouvelles espèces sentientes permettant à Marina J. Losteter de décrire le but réel des machines : la communication et les liens émotionnels entre espèces sentientes.

    *
    ** 
    *** 
    **** 
    ***** Bien que certains chapitres semblent être inutiles ils s'agencent parfaitement pour justifier une idée et une fin magistrale. Une trilogie que j'ai énormément appréciée et que je relirais avec plaisir.

    Image : Éditeur

  • Noumenon Infinity par Marina J. Lostetter

    Titre : Noumenon Infinity
    Autrice : Marina J. Lostetter
    Éditeur : Harper Voyager 14 août 2018
    Pages : 576

    Il y a près de 2000 ans, l'humanité a envoyé 12 convois dans l'espace chargés d'étudier des points intéressants de l'espace. Seul Noumenon est revenu sur une terre bien différente avec des informations concernant une mégastructure dans le système Lq Pyx. Malgré les réticences des autorités terriennes, une seconde mission est décidée afin de compléter la super structure et de comprendre l'espèce qui semble l'avoir construite, ou qui semble avoir tenté de continuer sa construction. Là encore, le temps impliqué sera énorme. De plus, une seconde mission pourrait bien donner des informations importantes sur Lq Pyx. Car le convoi 12 qui a étrangement disparu n'est pas perdu.

    SPOILERS

    Noumenon Infinity est la suite directe de Noumenon. Bien que le premier chapitre se déroule bien avant l'envoi des convois, alors que le convoi 12 est réaffecté sous la direction de Vahni Kapoor, titulaire d'un doctorat sur le mode de propulsion utilisé par les convois. Tout comme dans Noumenon, on suit plusieurs points de vue dans des chapitres consacrés après un temps plus ou moins long. Mais cette fois nous avons la perspective du convoi 12 et celle du convoi 7. Alors que ce dernier permet de mettre en avant les changements sociologiques dû à la construction de la mégastructure et de la division de la flotte afin de comprendre les aliens le convoi 12 s'intéresse au mystère de leur arrivée dans une région et un temps inconnu. Ces deux points de vue fonctionnent très bien tout en se mêlant afin de donner de nombreuses réponses à l'intrigue générale.

    Le premier tome se concentrait sur les voyages et les changements culturels et sociologiques, avec le choc du retour sur Terre comme problème majeur de la seconde partie. Ce second tome s'intéresse toujours autant à ces changements mais l'autrice, Marina J Lostetter, s'amuse avec des temporalités bien plus importantes et plusieurs convois. Comme dans le premier tome, ces changements sont logiques et basés sur un fonctionnement antérieur. Mais le convoi 7 s'intéresse bien plus à la construction de la mégastructure et à l'effet que celle-ci a sur l'équipage. Pendant la lecture, on passe d'une attente à la construction puis à la fin de celle-ci pour mieux continuer sur l'impression d'une erreur destructrice et enfin une impression de merveilleux. Lors de toutes ces étapes, ce qui compte n'est pas la division mais la mise en place d'une société unie en direction d'un but commun, que celui-ci soit la survie, une œuvre ou la recherche scientifique. L'autrice nous donne un point de vue optimiste sur l'humanité, certes imparfaite mais capable de tout si on lui donne un but futur.

    Enfin, je suis dans l'obligation de mentionner la diversité mise en place par l'autrice. Cette question est particulièrement importante alors que les communautés concernées demandent une véritable diversité et non une annonce externe sans que rien ne puisse permettre de le deviner au sein de l’œuvre, une annonce dont J.K. Rowling est malheureusement devenue une experte à la tristesse de nombreuses personnes. Premièrement, les personnages sont de cultures et de provenance diverses, ce qui était le cas aussi du premier roman. Mais les personnages du convoi 12 ne sont pas clonés selon leur potentiel génétique, une décision remise en cause dans ce roman, mais selon leurs capacités et les besoins du convoi en termes scientifiques. Illes ne sont pas élevés dans un monde conçu pour les préparer mais proviennent de cultures différentes. De plus, l'autrice n'hésite pas à user de personnages à la sexualité et à l'identité de genre différents. Le premier tome donnait le point de vue d'une lesbienne. Ce tome nous offre une asexuelle en relation polyromantique et une femme transgenre. Ces caractéristiques ne sont pas mises en question mais sont décrites comme une part de l'humanité. Ainsi, l'autrice ne justifie pas leur existence, ces personnages sont ce qu'illes sont. Bien que j'apprécie cet effort, je ne me permettrais pas de juger de la réussite ou de l'échec de l'autrice à bien représenter ces identités. Je terminerais sur l'impression que certaines scènes n'auraient probablement pas pu être écrites par un homme.

    *
    **
    ***
    ****
    ***** Le premier tome a été l'une de mes meilleures surprises en SF de l'année. Je me suis immédiatement procuré le second tome qui, selon moi, est meilleur que le premier. J'espère que Marina J. Lostetter écrira encore beaucoup de romans.

    Image : Éditeur

    x400.jpg