la ville moderne

  • Histoire de l'Europe urbaine 3. La ville moderne par Olivier Zeller

    Titre : Histoire de l'Europe urbaine 3. La ville moderne par Olivier Zeller
    Auteur : Olivier Zeller
    Éditeur : Seuil 25 juillet 2019
    Pages : 466

    Ce tome 3 est le dernier qui me restait de cette gigantesque histoire de l'Europe urbaine, divisée en 6 livres chronologiques. Je ne les ai pas lus dans l'ordre chronologique, mais cela ne semble pas créer un problème. Les livres peuvent être lus seuls et l'introduction générale est toujours incluse. Ce tome 3 se concentre sur la période moderne soit le XVI au XVIII. Nous sortons de la période médiévale mais nous n'entrons pas encore dans la période contemporaine et le XIXème siècle. Le livre est constitué de 7 chapitres thématiques.

    Ces chapitres sont denses et parfois très différents de ce que j'apprécie en histoire. Il y a de nombreux propos concernant le lien entre urbain et démographie. Cela permet à l'auteur de démontrer que les villes sont en pertes de forces humaines. Il y a plus de morts et de départs que d'entrées, certains départs étant jeunes puisque les enfant peuvent être envoyés en nourrisse. Pour éviter la fin de l'urbain il faut accepter une mobilité importante au sein et à l'entrée même de la ville. Par exemple, l'auteur explique que les habitant-e-s déménagent souvent car les immeubles sont sous-loués à plusieurs reprises créant une chaine de personnes.

    Ce livre débute aussi un aspect qui est examiné dans le tome concernant le XIXème siècle: le contrôle de la population en vue de l'hygiène aussi bien morale que physique. Alors que la pandémie de COVID19 est toujours en cours, il est intéressant de lire les solutions mises en place par les pouvoirs urbains. Ces solutions dépendent des villes, qui agissent rarement en réseau (sauf l'Italie qui met en place une surveillance totale des pays étrangers, avec spécialisation des villes). On trouve l'usage des quarantaines mais aussi la mise en place d'un passeport de santé afin de permettre les communications et le commerce au niveau européen, via des points de contrôles du passeport. Une solution qui fut utilisée récemment.

    L'hygiène sociale m'a aussi énormément intéressé. L'auteur mentionne Foucault a plusieurs reprises, tout en le mettant en question si nécessaire. On comprend que les villes sont considérées comme des lieux de dangers moraux. La prostitution, le vol, la violence mais aussi le spectacle de la violence sont très présents. Les populations ne sont pas encore aussi divisées par quartiers qu'elles ne le seront. Petit à petit, la nécessité de contrôler et d'enfermer la pauvreté se fait sentir, même si cet enfermement ne fut pas aussi important qu'on ne le croit. Toutes les villes, catholiques comme réformées, ont tentés ce contrôle de la population.

    Ce ne sont que quelques aspects d'un ouvrage dense. L'auteur nous parle aussi de la culture, de la création des théâtres et du théâtre sociale que cela implique pour les riches et puissants. Il nous explique aussi comment les pouvoirs municipaux perdent en importance face aux tentatives de centralisation des états et donc de contrôles des villes. Les personnes qui s'intéressent à ce type d'histoire et souhaitent une synthèse avec une mise à jour historiographique sous forme de postfaces peuvent s'intéresser à ces 6 tomes en poche.

    Image : Éditeur