pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducati

  • Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation ? sous la direction de Pierre Dasen et Christiane Perregaux

    Titre : Pourquoi des approches interculturelles en sciences de l'éducation ?
    Direction : Pierre Dasen et Christiane Perregaux
    Éditeur : De Boeck avril 2002
    Pages : 305

    Il existe plusieurs approches concernant l'interculturalité. On peut passer du relativisme absolu, que je n'accepte pas, à la crainte du soi-disant communautarisme, crainte que je n'accepte pas non plus. Quel que soit sa position, il est indéniable que les écoles vivent dans un monde de plus en plus interculturel. Un minimum d'éducation à la compréhension d'autres cultures est donc nécessaire si l'on souhaite faire un travail d'enseignant-e adéquat. Ce livre entend militer en faveurs d'une telle formation pour les personnes qui enseignent. Pour cela, il est constitué de trois parties.

    La première partie se concentre sur les aspects scientifiques. Les différentes auteur-e-s présent les différentes méthodes scientifiques et les différentes disciplines qui s'intéressent au thème des cultures et de l'interculturalité. Les auteur-e-s présentent aussi les manques et les problèmes posés à des recherches sur l'interculturalité, problèmes qui ont souvent un aspect politique. L'article de Tania Ogay, par exemple, montre la difficulté de transposer en France une discipline des États-Unis : l'intercultural communication.

    Une seconde partie se concentre sur le fonctionnement de l'institution scolaire. Les auteur-e-s examinent l'école mais aussi son lien avec d'autres institutions et les familles. Cela leur permet de défendre l'idée que l'école n'est pas l'unique milieu d'éducation mais aussi que l'éducation dépend de la culture. On ne le pense pas de la même manière dans différentes cultures et pour créer une école capable de prendre en compte tout le monde il faut avoir conscience de ces différences.

    Enfin, une troisième partie se concentre sur la formation des enseignant-e-s. Il faut y ajouter un article qui parle spécifiquement des professionnel-le-s de la santé. Les auteur-e-s militent en faveurs d'une formation qui prenne en compte les recherches en interculturalités afin de modifier leurs pratiques mais aussi le fonctionnement de l'institution scolaire. Bien que l'on puisse apprécier les différentes pistes, les articles de cette partie mènent à créer une formation extrêmement dense avec une production scientifique importante qui n'a pas forcément de sens. Bien que l'on puisse apprécier de demander à de futur-e-s enseignant-e-s de pratique un regard critique sur leur institution et de proposer des modifications positives, il est fortement possible que ces productions ne débouchent sur rien et ne deviennent que de nouveaux rapports au contenus similaire chaque année, car sans action concrète sur le monde.

    Ce livre n'est pas suffisant pour que les enseignant-e-s puissent tenter de mettre en place une modification de leurs pratiques en vue de prendre en compte l'interculturalité au sein des classes. Ce n'est d'ailleurs pas son but. Son but est de justifier un examen du monde et son importance pour la formation des enseignant-e-s. En l’occurrence, il offre une base scientifique et des pistes d'actions concrètes basées sur des recherches. Mais je ne pense pas qu'il faut forcément suivre à la lettre les propositions. Il vaut mieux les adapter à la formation afin d'éviter de créer des modules qui n'auraient pas de sens par manque d'effets concrets sur la pratique et l'institution scolaire.

    Image : Payot