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  • Histoire des Etats-Unis par Jean-Michel Lacroix

    Titre : Histoire des Etats-Unis
    Auteur : Jean-Michel Lacroix
    Éditeur : Presses Universitaires de France 18 avril 2018 (sixième réédition)
    Pages : 688

    Les Etats-Unis est le pays qui a le plus influencé l'histoire contemporaine. Les combats idéologiques entre les Etats-Unis, capitaliste et libéral, et l'URSS communiste ont créé une longue division du monde. Cependant, la compréhension de la place prise par les USA ainsi que de la culture de ce pays implique de se placer dans l'histoire longue de la création d'une nation. Ce manuel vise à donner les clés nécessaires pour comprendre un pays encore majeur dans le monde de ce début du XXIème siècle. Cette nouvelle édition ajoute quelques informations sur la présidence Trump mais, bien entendu, l'auteur ne peut rien conclure puisque le livre fut édité en avril 2018.

    La construction du livre est strictement chronologique avec une mise en avant des différents présidents et de leurs impacts sur le pays, voire le monde. Les 10 chapitres examinent environ 30 ans d'histoire à chaque fois. Bien entendu, l'auteur commence avant la création des USA par la colonisation du continent qui deviendra les USA. Il explique de quelle manière les anglo-saxons prennent le contrôle de quelques terres, avec des difficultés en hiver, et les tensions avec les populations autochtones. Rapidement, des tensions auront lieu avec l'Angleterre royale, surtout en ce qui concerne les impôts et la représentation.

    Ce qui m'a frappé, dans ce livre, est l'importance de la frontière. La conquête de l'ouest et donc la lutte contre les autochtones est au centre d'une philosophie de prise de contrôle d'une étendue. On comprend mieux l'importance du thème en ce qui concerne la conquête de l'espace mais aussi dans les productions de space opera. On est frappé aussi par l'importance des divisions. Divisions raciales, oui, mais aussi politiques. L'auteur montre bien que ces divisions sont très importantes de nos jours et risquent de créer des problèmes pour le fonctionnement des USA.

    Bien que la culture des USA me soit familière, grâce à son hégémonie, je ne suis pas un grand connaisseur en histoire des Etats-Unis. Ce manuel permet de répondre aux questions principales des personnes qui le lise. Mais, comme tous les manuels, il doit nécessairement passer outre un certain nombre de sujets. Parfois, je ne comprends pas les choix de l'auteur. Les événements de 68 sont peu mentionnés ainsi que la guerre en Afghanistan. L'auteur se concentre sur l'histoire politique, présidentielle, et moins sur les questions socio-culturelles. En revanche, je déplore que l'auteur ne fasse que très peu attentions aux populations dites minoritaires. Je pense en particulier aux esclaves, aux afro-américains mais aussi et surtout aux populations autochtones qui ne sont que peu présentent dans ce livre.

    Image : Éditeur

  • Le meurtre de Weimar par Johann Chapoutot

    Titre : Le meurtre de Weimar
    Auteur :  Johann Chapoutot
    Éditeur : Presses Universitaires de France 11 mars 2015
    Pages : 108

    Les livres sur l'état nazi et ses crimes sont très nombreux. Il est extrêmement facile de les trouver et de les acheter. Les livres qui parlent de la République de Weimar et de sa fin sont moins nombreux dans les étagères des librairies. Il y a quelques années, j'avais lu un petit livre qui examinait le fonctionnement politique et institutionnel de cette république. Ce livre, le second de Chapoutot que je lis, s'intéresse à un fait divers précis pour mieux expliquer pourquoi et comment la République tombe et comment fonctionne, idéologiquement, le nazisme.

    On peut donc diviser ce livre en deux thèmes. Le premier concerne la République de Weimar. Usant d'un fait divers l'auteur explicite le fonctionnement de la République dans le cadre d'une crise politique et économique majeure. Alors que cette République devait être fortement démocratique l'ampleur de la crise et l'incapacité de créer une majorité parlementaire poussent la présidence à gouverner par décrets-lois. Cette incapacité de créer une majorité est due à la fois par le nazisme et les communistes, les deux extrêmes refusent le fonctionnement démocratique de la République. Vu que Weimar ne peut tenir sur une minorité le gouvernement essaie de créer des alliances avec l'extrême droite, tout en lui refusant l'entrée au gouvernement. Par la même occasion, des décisions sont prises contre les milices politiques, mais celles-ci sont souvent annulées quelques temps plus tard.

    Un second thème concerne la place du nazisme au sein de la société et ses tactiques pour prendre le pouvoir. Le livre se concentre sur une période de légalisme pour le parti. Le but est de prendre le pouvoir de manière légale sans coup d'état (mais les nazis veulent détruire la démocratie de l'intérieur, pas respecter ses institutions). Mais les troupes SA souhaitent le pouvoir et combattre contre l'ennemi. Il est donc nécessaire de justifier la violence des SA aussi bien en nommant un ennemi (juif, polonais et communiste) qu'en argumentant sur l'existence d'une guerre civile face à laquelle seuls les nazis ont résisté. La violence devient une défense et non une attaque. Le fait divers mis en avant par l'auteur permet aussi d'expliciter la vision du droit par les nazis. Ceux-ci considèrent que certaines personnes valent moins que d'autres et donc leur destruction est justifiée si cela permet de défendre la nation, biologique, allemande.

    Ce petit livre me semble mieux réussi que ma dernière lecture de Chapoutot. L'auteur use d'un meurtre précis pour mieux montrer l'état d'une société sur le point d'être dépassée par un état nazi. Je déplore que, de temps en temps, il y ait quelques propos qui créent de la confusion dans la chronologie. De plus, je trouve le livre bien trop court pour bien expliquer pourquoi la République de Weimar chute aux nazis. C'est dommage car les choix iconographiques et les sources mises en avant sont bien choisis et permettent à l'auteur de mettre en avant une thèse intéressante.

    Image : Éditeur

  • La réforme par Richard Stauffer

    Titre : La réforme
    Auteur : Richard Stauffer
    Éditeur : Presses universitaires de France 2003
    Pages : 127

    Ni la Réforme ni la période moderne ne sont mes thèmes préférés. Pourtant, il est nécessaire de comprendre un minimum la réforme si l'on souhaite comprendre le fonctionnement politique de la période moderne. Pour cela, je me suis plongé dans ce vieux que-sais-je, la première édition date de 1970, qui examine trois lieux de la réforme en Europe. Ce petit livre permet donc d'avoir une idée générale de la réforme, de ses idées et du fonctionnement politique de celle-ci.

    Le premier et le second chapitre se concentrent sur les débuts de la réforme. L'auteur se concentre sur Luther dont il explique la recherche de salut et les conclusions que cela lui permet d'atteindre. Luther, dans un contexte de remise en cause du fonctionnement de l'église catholique, critique un certain nombre de dogmes dont l'achat des indulgences. Alors qu'il ne souhaite pas forcément créer un schisme il est condamné et doit accepter que son mouvement, d'abord intellectuel, devient une critique externe de l'église. Il refuse tout de même de mettre en cause le fonctionnement social ce qui lui permet d'être soutenu par les princes de l'Empire.

    Les chapitres 3 et 4 se concentrent sur trois lieux de réforme : Strasbourg, Zurich et Genève. L'auteur commence par examiner de quelle manière la réforme est acceptée par les magistrats de Zurich. Ils commencent par créer une dispute qui permet de justifier les idées réformées. Cependant, les réformés sont encore minoritaires au sein de la confédération helvétique et les cantons catholiques essaient de bloquer le mouvement lors de plusieurs guerres de religion internes à l'alliance. Malgré tout, les réformés prennent de l'importance en particulier à Berne. Ce canton, l'un des puissants de la confédération, permet de créer une forme de paix des religions au sein du pays. Genève suit la réforme afin de permettre de s'éloigner à la fois des seigneurs locaux et de l'église catholique. Mais Calvin ne réussit pas à imposer toutes ses vues aux magistrats. Cependant, Genève deviendra l'un des centres les plus importants de la réforme en Europe. La ville soutient les œuvres de Calvin après l'avoir rappelé ce qui permet de créer un horizon pour les réformés du royaume de France.

    Enfin, l'auteur se concentre sur l'anglicanisme. Il explique que celui-ci dépend d'abord de la couronne britannique. Cela le conduit à examiner l'importance de Henry VIII, de son fils Edouard VI et d'Elisabeth I. Bien que Marie Tudor ait tenté un retour au catholicisme, la division avec le Pape est consacrée par Elisabeth I. Cette réforme permet de donner un pouvoir important à la couronne face à l'église catholique. Mais elle est aussi ambiguë puisque l'église anglicane se rapproche des réformés tout en acceptant certaines idées catholiques. Ce qui supporte des partis plus ou moins proches ou éloignés du catholicisme et de Luther tout en offrant la capacité à Henry VIII de se rapprocher de l'un ou de l'autre selon les besoins.

    Un si petit livre ne peut pas donner une vision complète de la réforme, de ses effets ni des personnages. Son but est d'offrir une introduction au thème. Bien que le livre soit ancien et que les recherches plus récentes aient probablement mis en question beaucoup d'informations, l'auteur explicite tout de même les débats historiographiques de son époque.

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  • Histoire de la Rome Antique par Yann Le Bohec

    Titre : Histoire de la Rome Antique
    Auteur : Yann Le Bohec
    Éditeur : Presses Universitaires de France 11 janvier 2017
    Pages : 128

    Cette page l'a souvent montré, les livres sur l'histoire de la Rome antique sont nombreux. Les livres qui se destinent à un public non-spécialiste sont tout aussi nombreux mais tous ne sont pas de grande qualité. Bien entendu, la collection que-sais-je est connue pour éditer des livres synthétiques qui gardent un lien important avec l'état de l'historiographie. Ces petits livres sont souvent un bon moyen d'entrer dans un sujet ou de le connaitre dans ses grandes lignes.

    Ce livre de Yann Le Bohec se concentre surtout sur la période du Haut-Empire mais il n'oublie pas de mentionner le Bas-Empire. Deux chapitres sont consacrés aux origines et à la République. L'auteur y mentionne certaines thèses, comme la réunion de plusieurs villages afin de former de la ville de Rome (une hypothèse contestée). Dans le second chapitre, il explicite la mise en place de la République et son fonctionnement politique. L'auteur mentionner, à raison, que l'on ne peut pas parler de démocratie pour ce régime. Le peuple ne vote que rarement et est soumis au pouvoir politique et religieux du patriciat, décrivant une partie juridiquement constituée du peuple.

    Les 5 chapitres suivant se concentrent sur la période du Haut-Empire. L'auteur y synthétise toutes les questions thématiques et chronologiques que l'on peut se poser. Outre le fonctionnement politique, nous recevons des informations sur la vie de tous les jours de la population. J'ai particulièrement apprécié les propos de l'auteur concernant la vie religieuse. Un thème que je ne connais pas parfaitement en ce qui concerne la Rome antique. Mais la géographie de l'Empire est aussi examinée ainsi que le droit et la guerre.

    Enfin, les deux derniers chapitres se concentrent sur le Bas-Empire et la chute de l'Empire romain d'occident. Au vu du nombre de pages très modestes consacrées à ces quelques siècles l'auteur se concentre, par nécessité, que quelques raisons des crises que connait l'Empire entre le troisième et le cinquième siècle. Yann Le Bohec considère que la fin de l'Empire d'occident est du moins à des événements précisément datés que des changements de nature socio-économique, une position que j'aurais tendance à défendre aussi.

    Nous avons là un très bon petit livre pour les personnes qui entrent dans le sujet et qui souhaitent en savoir plus sur le Haut-Empire. En effet, on peut déplorer l'examen superficiel des périodes monarchistes, républicaine et du Bas-Empire. Cependant, ces manques, mais l'écriture d'un que-sais-je implique des choix, n'enlève rien au travail de Yann Le Bohec.

    Image : Éditeur