presses universitaires de france

  • La réforme par Richard Stauffer

    Titre : La réforme
    Auteur : Richard Stauffer
    Éditeur : Presses universitaires de France 2003
    Pages : 127

    Ni la Réforme ni la période moderne ne sont mes thèmes préférés. Pourtant, il est nécessaire de comprendre un minimum la réforme si l'on souhaite comprendre le fonctionnement politique de la période moderne. Pour cela, je me suis plongé dans ce vieux que-sais-je, la première édition date de 1970, qui examine trois lieux de la réforme en Europe. Ce petit livre permet donc d'avoir une idée générale de la réforme, de ses idées et du fonctionnement politique de celle-ci.

    Le premier et le second chapitre se concentrent sur les débuts de la réforme. L'auteur se concentre sur Luther dont il explique la recherche de salut et les conclusions que cela lui permet d'atteindre. Luther, dans un contexte de remise en cause du fonctionnement de l'église catholique, critique un certain nombre de dogmes dont l'achat des indulgences. Alors qu'il ne souhaite pas forcément créer un schisme il est condamné et doit accepter que son mouvement, d'abord intellectuel, devient une critique externe de l'église. Il refuse tout de même de mettre en cause le fonctionnement social ce qui lui permet d'être soutenu par les princes de l'Empire.

    Les chapitres 3 et 4 se concentrent sur trois lieux de réforme : Strasbourg, Zurich et Genève. L'auteur commence par examiner de quelle manière la réforme est acceptée par les magistrats de Zurich. Ils commencent par créer une dispute qui permet de justifier les idées réformées. Cependant, les réformés sont encore minoritaires au sein de la confédération helvétique et les cantons catholiques essaient de bloquer le mouvement lors de plusieurs guerres de religion internes à l'alliance. Malgré tout, les réformés prennent de l'importance en particulier à Berne. Ce canton, l'un des puissants de la confédération, permet de créer une forme de paix des religions au sein du pays. Genève suit la réforme afin de permettre de s'éloigner à la fois des seigneurs locaux et de l'église catholique. Mais Calvin ne réussit pas à imposer toutes ses vues aux magistrats. Cependant, Genève deviendra l'un des centres les plus importants de la réforme en Europe. La ville soutient les œuvres de Calvin après l'avoir rappelé ce qui permet de créer un horizon pour les réformés du royaume de France.

    Enfin, l'auteur se concentre sur l'anglicanisme. Il explique que celui-ci dépend d'abord de la couronne britannique. Cela le conduit à examiner l'importance de Henry VIII, de son fils Edouard VI et d'Elisabeth I. Bien que Marie Tudor ait tenté un retour au catholicisme, la division avec le Pape est consacrée par Elisabeth I. Cette réforme permet de donner un pouvoir important à la couronne face à l'église catholique. Mais elle est aussi ambiguë puisque l'église anglicane se rapproche des réformés tout en acceptant certaines idées catholiques. Ce qui supporte des partis plus ou moins proches ou éloignés du catholicisme et de Luther tout en offrant la capacité à Henry VIII de se rapprocher de l'un ou de l'autre selon les besoins.

    Un si petit livre ne peut pas donner une vision complète de la réforme, de ses effets ni des personnages. Son but est d'offrir une introduction au thème. Bien que le livre soit ancien et que les recherches plus récentes aient probablement mis en question beaucoup d'informations, l'auteur explicite tout de même les débats historiographiques de son époque.

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  • Histoire de la Rome Antique par Yann Le Bohec

    Titre : Histoire de la Rome Antique
    Auteur : Yann Le Bohec
    Éditeur : Presses Universitaires de France 11 janvier 2017
    Pages : 128

    Cette page l'a souvent montré, les livres sur l'histoire de la Rome antique sont nombreux. Les livres qui se destinent à un public non-spécialiste sont tout aussi nombreux mais tous ne sont pas de grande qualité. Bien entendu, la collection que-sais-je est connue pour éditer des livres synthétiques qui gardent un lien important avec l'état de l'historiographie. Ces petits livres sont souvent un bon moyen d'entrer dans un sujet ou de le connaitre dans ses grandes lignes.

    Ce livre de Yann Le Bohec se concentre surtout sur la période du Haut-Empire mais il n'oublie pas de mentionner le Bas-Empire. Deux chapitres sont consacrés aux origines et à la République. L'auteur y mentionne certaines thèses, comme la réunion de plusieurs villages afin de former de la ville de Rome (une hypothèse contestée). Dans le second chapitre, il explicite la mise en place de la République et son fonctionnement politique. L'auteur mentionner, à raison, que l'on ne peut pas parler de démocratie pour ce régime. Le peuple ne vote que rarement et est soumis au pouvoir politique et religieux du patriciat, décrivant une partie juridiquement constituée du peuple.

    Les 5 chapitres suivant se concentrent sur la période du Haut-Empire. L'auteur y synthétise toutes les questions thématiques et chronologiques que l'on peut se poser. Outre le fonctionnement politique, nous recevons des informations sur la vie de tous les jours de la population. J'ai particulièrement apprécié les propos de l'auteur concernant la vie religieuse. Un thème que je ne connais pas parfaitement en ce qui concerne la Rome antique. Mais la géographie de l'Empire est aussi examinée ainsi que le droit et la guerre.

    Enfin, les deux derniers chapitres se concentrent sur le Bas-Empire et la chute de l'Empire romain d'occident. Au vu du nombre de pages très modestes consacrées à ces quelques siècles l'auteur se concentre, par nécessité, que quelques raisons des crises que connait l'Empire entre le troisième et le cinquième siècle. Yann Le Bohec considère que la fin de l'Empire d'occident est du moins à des événements précisément datés que des changements de nature socio-économique, une position que j'aurais tendance à défendre aussi.

    Nous avons là un très bon petit livre pour les personnes qui entrent dans le sujet et qui souhaitent en savoir plus sur le Haut-Empire. En effet, on peut déplorer l'examen superficiel des périodes monarchistes, républicaine et du Bas-Empire. Cependant, ces manques, mais l'écriture d'un que-sais-je implique des choix, n'enlève rien au travail de Yann Le Bohec.

    Image : Éditeur