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  • Enjeux de la formation professionnelle en Suisse Le « modèle » suisse sous la loupe sous la direction de Lorenzo Bonoli, Jean-Louis Berger et Nadia Lamamra

    Titre : Enjeux de la formation professionnelle en Suisse Le « modèle » suisse sous la loupe
    Direction : Lorenzo Bonoli, Jean-Louis Berger et Nadia Lamamra
    Éditeur : Seismo 2018
    Pages : 376

    Il est difficile de passer à côté du modèle suisse de la formation professionnelle. Comme les pages d'introduction et d'avant-propos de ce livre l'explique, le modèle est célébré aussi bien en Suisse qu'à l'étranger avec, souvent le souhait de le faire perdurer voire de l'exporter. Il serait la raison du faible taux de chômage des jeunes et de la réussite de l'entrée dans le monde du travail de apprenti-e-s. Ce modèle implique des cours en école, une formation en entreprise et une formation interentreprises durant l'année et les semaines. Cette triple formation impliquerait à la fois une formation théorique solide et une formation pratique concrète. Cependant, on peut se demander si ce modèle est aussi simple et bon qu'on le dit. Cet ouvrage, disponible en PDF chez l'éditeur, essaie d'analyser ce modèle en trois parties : histoire, sociologie et pédagogie.

    La première partie est donc historique. Les quatre contributions permettent de comprendre de quelle manière la formation professionnelle a été pensée et réformée du XIXème siècle jusqu'à nos jours. Les différents articles montrent la difficulté de relier les cantons, la confédération et les entreprises au sein du même système. Ainsi, la confédération doit faire attention aux volontés fédéralistes tout en garantissant un système cohérent. Les cantons ont le contrôle de la pratique et doivent payer les coûts de la formation. Les entreprises, elles, souhaitent former des employé-e-s tout en souhaitant un minimum de productivité. Relier ces différents acteurs institutionnels est difficile et le fonctionnement de la formation professionnelle dépend des lobbys mais aussi des demandes de ces groupes.

    La seconde partie est constituée de 5 chapitres. Ceux-ci permettent de mieux comprendre qui suit une formation professionnelle mais aussi quelles sont les difficultés de l'entrée sur le marché du travail. Ainsi, les parcours interrompus ou de transition sont de plus en plus nombreux mettant en cause le modèle d'un passage immédiat de l'école à l'apprentissage puis au monde du travail salarié. De plus, le monde de l'apprentissage n'est pas sans discrimination. Un article examine précisément le public des AFP, qui durent deux ans. Celui-ci est constitué prioritairement de personnes d'origines étrangères ou de populations scolairement faibles. Bien que l'AFP puisse être un moyen de suivre un CFC, les populations restent très homogènes. On observe donc que le modèle suisse est très sélectif et permet difficilement un mélange de classes sociales, de genre et d'origines.

    La dernière partie est constituée de 4 contributions. Les différents articles se concentrent sur l'aspect pédagogiques de la formation professionnelle. En particulier, la partie se concentre sur les défis posés par un système dual, en entreprise et en école. Cette double formation durant la semaine implique des difficultés de communications entre les personnes qui forment les apprenti-e-s. Les articles notent aussi la difficulté de relier l'aspect théorique, scolaire, à la pratique en entreprise. De plus, une contribution permet d'examiner comment sont formées les personnes qui forment les apprenti-e-s. Souvent, c'est une seconde carrière qui se déroule en emploi. La formation pédagogique a lieu après l'entrée dans le monde de l'enseignement et permet de fournir des connaissances pédagogiques et didactiques tandis que les enseignant-e-s sont considéré-e-s comme des expert-e-s de leur domaine.

    La direction de cet ouvrage déplore le manque de recherches sur la formation professionnelle. Ce livre doit permettre de relier différentes disciplines autours de ce thème. Il ressort des contributions que le modèle suisse est bien plus compliqué qu'on ne le croit. Remettre au centre cette complexité permet de mettre en avant les problèmes et défis que connait la formation professionnelle afin de permettre des réformes à la fois nécessaires et pragmatiques.

    Image : Éditeur

  • Transitions des adolescents et des jeunes adultes en Suisse Résultats de l'étude longitudinale TREE sous la direction de Katja Scharenberg, Sandra Hupka-Brunner, Thomas Meyer et Manfred Max Bergman

    Titre : Transitions des adolescents et des jeunes adultes en Suisse Résultats de l'étude longitudinale TREE
    Direction : Katja Scharenberg, Sandra Hupka-Brunner, Thomas Meyer et Manfred Max Bergman
    Éditeur : Seismo 2016
    Pages : 272

    Le fonctionnement de la formation en Suisse est connu, même s’il est particulièrement compliqué puisque les cantons sont souverains. Mais nous n'avions pas forcément d'informations sur les transitions entre formation et entrée dans le monde du travail. Ce second tome autours de l'étude TREE se base sur une étude qui a lieu depuis l'étude PISA 2000 autours de près de 6 000 élèves à l'origine. De plus, ce second tome est disponible en version numérique, PDF, sur le site de l'éditeur. Le volume est constitué de 10 contributions qui utilisent les données TREE pour analyser des problématiques précises.

    En grande partie, les études publiées dans ce second volume s’intéressent à la transition entre formation, formation supérieure et monde du travail en particulier dans une perspective d'égalité entre différents profils. Dans plusieurs cas, les auteur-e-s mettent en place une comparaison entre plusieurs pays afin de mettre en avant des causes explicatives du manque d'égalité dans l'accès à des formations supérieures. Le Canada est mobilisé à deux reprises puisque ce pays possède une étude comparable à l'étude TREE.

    Ces études permettent de démontrer que, malgré les souhaits officiels, il existe encore des inégalités dans l'accès au supérieur et au marché du travail. Un article examine en particulier le cas de la maturité professionnelle. Celle-ci doit permettre un accès aux formations supérieures via l'apprentissage. Mais ces accès sont encore peu nombreux et dépendent largement de causes familiales et scolaires. Le volume démontre aussi une face de transition longue entre l'école obligatoire et l'accès au monde du travail. Nombreuses sont les personnes qui sont encore en formation après des périodes d'arrêts ou de chômages. Ainsi, le lien entre l'école et le travail n'est pas aussi facile que souhaité.

    Ce volume contient de nombreuses études et je n'ai fait que le résumer de manière imparfaite. Les contributions sont particulièrement intéressantes tout en donnant une large place à la méthodologie de chacune des recherches. Il est probable que d'autres volumes suivent et puissent offrir non seulement des comparaisons avec d'autres cohortes suisses mais aussi examiner le lien entre monde du travail et vie familiale.

    Image : Éditeur